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La D37, les doigts de pieds, on roule ?! et la pooOOOooorte !
mercredi 26 mai 2010, par Iyhel Mnemeltarma
On s’est fixés sur le pont de l’Ascension ce qui permettait d’avoir un peu plus de temps ensemble, d’être moins stressés par le planning, en particulier si la météo était capricieuse : quand il pleut ou fait froid, mieux vaut rouler deux fois deux heures sur deux journée que quatre heures une seule !
Une fois la date arrêtée, il a fallut trouver à se loger ; pas simple non plus, pour une multitude de raison : déjà , début mai, il fait encore frisquet donc le camping n’est pas une bonne solution, surtout qu’on apprécie d’être au chaud lorsqu’on a passé toute la journée dehors ; ensuite il faut quand même un assez gros truc [1] ; et si possible pas trop cher vu que c’est pas parce qu’on roule en béhème qu’on roule sur l’or. [2] Enfin, flexible pour gérer les défections et les ajouts de dernière minute.
En outre la prospection n’était pas aisée parce que pour l’Ascension, il faut s’y prendre tôt, mais que d’octobre à mars la plupart des sites sont fermés et très modérément réactifs aux demandes. Après pas mal d’errance j’ai fini par opter pour les Chalets du Chênelets, à Anost, un bon rapport qualité/prix, bien situé, des prestations qui paraissaient valables... à priori, sur le papier, c’est toujours un peu la loterie évidemment. Seul imprévu, il fallait les réserver pour 4 nuits et donc arriver le mercredi soir plutôt que le jeudi dans la journée ; au final, je pense que personne n’a regretté de passer une journée complète de plus ensemble.
Pareil pour les restos et les parcours, pifomètre total. Et à l’arrache évidemment vu que le temps passe vite, surtout quand on croit en avoir.
Au départ j’avais prévu de partir juste le soir, puis je me suis dit que ça serait bien d’arriver dans l’aprèm et donc de poser une demi-journée, enfin j’ai fini par poser toute ma journée pour avoir le temps d’empaqueter tranquille. Fallait au moins ça.
En plus des affaires pour cinq jours (parmi lesquelles un maillot de bain qui ne m’a pas trop servi...) il fallait compter 20 litres de bière, sous la forme de quatre tonnelets ; c’est pas que ça soit tant que ça, mais quand même, ça prend un peu de place. Heureusement que les valoches latérales sont extensibles ; l’un dans l’autre, pourtant, j’étais à peine plus chargé que l’an dernier pour les 3 jours dans le Cantal. Le plus dur en fait a été d’arrêter de glandouiller sur le forum à regarder les préparatifs des autres pour m’y mettre pour de bon ; le déclencheur : quand Ciby et Laure ont annoncé qu’elles partaient de chez elles. Sachant qu’elles mangeaient à la maison puis qu’on rejoignait JB sur la première aire d’autoroute, ça commençait à urger...
Finalement ça m’a pas pris trop longtemps et le déjeuner était presque prêt quand les filles sont arrivées ; et au final nous étions en avance au point de rendez-vous. Au passage, il est vivement déconseillé de transporter du crumble pas calé dans un top-case ; notez après, le reste des affaires sent bon la pomme. Bref.
Faut quand même le dire, une heure d’autoroute, ça reste chiant au possible ; surtout lorsqu’il fait froid. Heureusement que c’est court ! À 15h30 nous en sortions et le temps d’un plein, nous nous engagions, votre serviteur en tête, sur les départementales du Morvan. On était bien chargés, pas forcément trop dégourdis du fait d’un hiver un peu long, donc on a roulé plutôt cool, en profitant du paysage et des premiers virages ; les dix derniers kilomètres, depuis grosso modo Les Settons jusqu’à Anost, étaient un peu pénibles, la faute encore à l’hiver qui a complètement détruit les routes, réparées à grandes louches de gravier, le genre de truc hyper sympa pour les motos ; mais moins pires que dans mon souvenir, vu que j’y étais passé un mois et demi avant, préalablement à toute tentative de réfection, sous la pluie qui plus est. En tout cas, Ciby et Laure ont pu redonner un peu d’allure aux bordures de leurs pneus traumatisés par l’excès d’A86.
Arrivés à Anost, nous avons suivi scrupuleusement les indications du propriétaire et nous avons trouvé du premier coup, sans même nous tromper une seule fois - JB aura apprécié après la folklorique traversée de je-ne-sais-plus-quel-bled sur le chemin du Cantal l’année passée. Les chalets sont à flanc de colline, on y accède par un serpentin mi-bitume mi-caillasse battue, ça passe bien mais ça fait un peu peur la première fois. La descente évidemment c’est pire, d’ailleurs Laure s’est à chaque fois fait déposer sa monture en bas par un galant serviteur.
Nous sommes montés directement tout en haut où nous apercevions la voiture de l’avant-garde alsacienne : Skinou et Fumi, leurs motos dans une remorque, en plein déchargement, accompagnés par Marion et Mimilie qui ne s’étaient pas senties assez masochistes pour descendre derrière leur compagnon respectif vu la météo menaçante.
Le temps d’échanger trois mots avec le propriétaire des chalets, pas stressé (il ne nous a même pas demandé de caution ; sans même parler du solde du séjour, exigible à l’arrivée en théorie !) et nous déchargeons les affaires ; c’est pas que la bière ait particulièrement besoin d’être rafraîchie (4,5 °C sur le trajet en haut des petits cols) mais ça fait toujours plaisir de bien remplir un frigo. Les chalets sont déjà chauffés, c’est très appréciable.
Je sors du chalet pour aller voir les voisins qui ont déjà de la bière au frais et surtout au repos ; c’est pour découvrir Fumi et Skinou harnachés : "on va rouler ?" (ça deviendra le leitmotiv du séjour !) Ils viennent de passer cinq heures en voiture et contrairement à leurs craintes la pluie ne s’est pas montrée alors forcément ils ont des fourmis dans les poignées de gaz, d’autant que les routes pour arriver à Anost sont quand même alléchantes. Prétexte : partir à la rencontre des derniers Alsaciens,Tomcat et Billy (qui sont courageux, eux, au moins), reconnaître le village, aller chercher du pain pour le soir et faire de menues courses genre un dessert.
Enfin, c’est l’heure de l’apéro, bien mérité. À peine sommes-nous installés que Gramfon arrive, à point pour nous livrer le saucisson lyonnais. La charcuterie de Skinou est déjà sur la table, sa bière allemande aussi, le picon de Fumi bien sûr et nous avons mis un tonnelet de Gâtine blonde en perce, le tout accompagné des cakes de Laure et Ciby, Pour le principe, certaines s’attellent à l’épluchage de patates à faire frire - l’heure de la cuisson venue, les estomacs déborderont.
Soudain dans le crépuscule (frisquet d’ailleurs) le chant caractéristique d’un Hexacone retentit du fond de la vallée : ça ne peut être que ChrisN qui arrive en (plus ou moins) droite ligne des Pyrénées. Gram et JB, inquiets qu’il puisse manquer le minuscule panonceau qui indique l’accès aux chalets, bondissent sur leur monture pour descendre le chercher, quitte à en oublier pull et blouson pour Gram - pas frileux !
Entre temps, nous avons vu débarquer un autre petit groupe de motards - mais on leur a pas causé, ils étaient tous en japaniaise à l’exception d’un guzziste et nous avons une réputation de sectaires à entretenir, m’enfin.
Burp et Charley, en provenance des Landes, ne nous rejoindrons que le lendemain, la météo peu clémente les ayant poussé à faire escale en chemin. Nous sommes donc au complet pour la soirée, qui se déroule dans la bonne ambiance et le joyeux bordel qui caractérisent le forum. On a été soft, je crois qu’on a pas réussi à trop faire peur à Billy et Marion qui nous découvraient en meute pour la première fois. Couvre-feu avant minuit, histoire d’être frais le lendemain - ou pas. Avant de me coucher je revois les itinéraires, en adaptant un peu le projet initial au vu des premières routes traversées.
Le coupable est rapidement identifié : une vis qui s’est gentiment logée sur le côté de la bande de roulement. Rien qui ne se répare facilement. D’aucuns conseillent de ne pas s’emmerder et de simplement visser la vis à fond mais comme nous sommes plusieurs à être équipés de mèches de réparation, Gram propose de réaliser en direct un petit reportage photo pour publier un tutoriel "réparation de pneu" sur le forum.
Évidemment, tout le monde a le matos mais comme personne n’a eu l’occasion de l’utiliser à par moi, je m’y colle. Comme tout le monde a pu le constater, ça n’a rien de sorcier, le secret, c’est de bourriner comme un âne pour l’élargissement et le nettoyage du trou ; une goutte de dissolvant sur la mèche, un coup de cutter et hop, plus de fuite. En plus Gram et Chris ont des petites bonbonnes de CO2 pour refaire un peu la pression ce qui évitera de fatiguer le pneu jusqu’au point de gonflage el plus proche - qui se trouve fort heureusement à Anost, Fumi est parti s’assurer que le petit garagiste était ouvert en dépit du jour férié.
JB étant un peu lent à retirer son capot de selle, je prends Marion en croupe jusqu’à Anost, on regonfle, et c’est parti avec tout juste une petite demi-heure de retard sur l’horaire initial.
Nous descendons à Autun par la route prise la veille, pause sans-plomb pour tout le monde ou presque, puis nous traversons Autun un peu au pif, l’objectif étant "la forêt là -bas derrière". On en profite pour faire un peu de tourisme, la place de l’hôtel de ville, la cathédrale, les petites rues qui grimpent... et par miracle nous tombons sur la route recherchée !
La forêt en question, c’est la Planoise, qui s’étend sur les reliefs qui se dressent entre Autun et Montceaux-les-Mines. On alterne épingles en forte pente et plateaux forestiers, ça ne va pas vite et les dénivelés ne sont pas du goût de tout le monde mais les paysages sont splendides et le soleil est presque de la partie, jouant à cache-cache avec les nuages.
Évidemment ce rythme touristique commence à lasser les éneRvés qui voudraient bien ouvrir un peu pour se mettre en appétit. Donc dès qu’on est un peu moins perdus autour de Marmagne, je donne les grandes directions et ce qui veulent ouvrir passent devant. Les routes qui mènent à Saint-Léger-sous-Beuvray sont un peu moins techniques qu’au départ et cette petite hausse de rythme nous permet d’arriver presqu’à l’heure au restau. Burp et Charley arrivent au même moment - ça y est, nous avons la gamme F800 au complet avec ces deux GS.
Il s’agit de l’Hôtel du Morvan, à Saint-Léger donc ; il y a un petit parking pour ranger les motos, et une arrière-salle réservée pour les groupes - histoire d’être un peu au calme, qu’est-ce qu’ils étaient bruyants ces touristes ! Menu de saison pour moins de quinze euros à base de plats du terroir, simples mais consistants. À noter que dans la charlotte au poire, les biscuits sont imbibés de rhum ce qui nous a permis d’apprendre que Tomcat n’avale pas. Nous prenons notre temps et c’est vers 15 h que nous renfourchons les motos. Objectif : remonter sur Château-Chinon pour essayer d’y trouver une station de gonflage.
Ça se fait tranquillement par les villages de la vallée de l’Arroux ; dans Château-Chinon, le GPS de Skinou nous balade un peu par des chemins de traverses (ça ne sera pas la dernière fois du week-end, il est presque aussi efficace que mon sens de l’orientation !) et en reprenant la route d’Autun en sens inverse, nous finisssons par trouver une petite station Total à l’ancienne où Billy peut contrôler la bonne tenue de la réparation matinale - heureusement, un pneu tout neuf !
Le groupe se sépare en deux, entre affamés de bitume et fainéants - je fais partie du second lot. Retour à Anost par une autre petite route forestière où nous retrouvons Laure qui avait emmené Charley et Burp poser leurs affaires.
L’air de rien, l’heure du pré-apéro approche, sitôt changé j’attaque le tonnelet d’ambrée. Effet immédiat, voici JP l’Ardéchois qui arrive. Seul, Zoo qui devait le retrouver en Ardèche nous ayant fait faux bond au dernier moment, submergé par ses démons intérieurs. Sitôt ses punitions jardinières bouclées (bâclées ?) JP a donc pris la route pour nous rejoindre.
Peu après, les six rouleurs rentrent à leur tour, à peu près repu. Ils n’ont qu’un mot à la bouche : D37, D37, D37... Eh ben ça tombe bien, on doit la prendre demain matin tous ensemble !
Et c’est reparti sur le même mode que la veille, à base de bière, fromage, charcutaille, agrémenté ce soir-là de foie gras, de clairette de Dié et de mousseux aubois.
[1] l’an dernier nous étions quand même 24 !
[2] d’autant que dans le Cantal, on était partis sur une base de 8-9€ la nuit...
[3] enfin avec 3 minutes de retard alors que nous en avions 20 d’avance mais c’est normal, il a une R.