vendredi 5 février 2010
Un premier vrai billet pour 2010. Hop, c’est reparti. Notez, je sais pas si c’est une bonne idée, moins je publie, plus j’ai de visiteurs !
Pour les niouzes, les photos, les avis déprimants sur le monde tel qu’il tourne, vous repasserez une autre fois, on va causer musique, vite fait.

Ça, c’est la pochette de Foley Room, album d’Amon Tobin sorti début 2007. Amon Tobin, j’ai découvert grâce à Chat d’Oc pour l’approche [1] et à la Graille pour le concret, par l’album Chaos Theory qui n’est autre que la bande-son de l’épisode du jeu Splinter Cell du même nom - ce qui me fait une belle jambe mais c’est une autre histoire.
J’ai accroché dès la première écoute à Chaos Theory, c’est de l’électro bien lourde, pesante, angoissante, une musique qu’on qualifie sans hésiter de cinématographique vu sa puissance d’évocation. En l’occurrence, une ambiance de science-fiction post-apocalytpique fort bien rendue.
Avec Foley room [2] on se retrouve immédiatement happé par l’ambiance également, mais celle-ci est très différente.
Cela est dû déjà au matériel sonore de base : là où Chaos était résolument construit à partir de nappes très artificielles, Foley room fait largement appel à des prises de sons de la rue, évidemment sauvagement passés à la moulinette d’effets de M. Tobin. [3] Et pour fixer tout ça, à des parties instrumentales plus acoustiques.
Les ambiances sont plus diverses et plus légères également, ce qui permet peut-être une écoute plus détendue et une plus grande sensibilité à la richesse de la construction et à la propreté de la production. Parce qu’Amon Tobin marie des sons qui n’ont rien à voir, les superpose, les agglomère sans pitié mais avec le sens des proportions qui lui évite de tomber dans le trop plein - travers dans lequel se fourvoient nombre d’artistes qui s’essaient à la musique concrète ou plus prosaïquement au dub. [4]
Bref, c’est du tout bon et c’est un album idéal pour s’initier à ce que peut être la musique concrète avec une touche de pop.
Comparaison foireuse, certains passages me rappellent un peu ce que Björk arrive à faire à partir de matériel strictement vocal sur Medulla. C’est très différent au final, mais la qualité du travail est similaire.
Voilà , si vous séchez musicalement en ce début d’année, vous pouvez vous jetez là -dessus par exemple. À noter que vous pouvez évidemment pour faire empapaouter par votre boutique en ligne préférée, ou alors pour moins cher le commander pour 9 £ sur le site de Ninja Tunes, au cours de la livre sterlling ce serait dommage surtout qu’en prime il y a un DVD sur le making-off de l’album (absent des disques proposés pour moins cher sur amazon par exemple).
’faudra que j’ajoute le lien depuis ma carte musicale ; pour ceux qui l’y chercheraient, Amon Tobin est bien présent, sur la Côte Électro, en face de l’île Kraftwerk, un peu à l’est de l’embouchure du Sonic Youth.
[1] savoir que ça existait
[2] pour mémoire, rappelons que la foley room est la salle de bruitage, celle où se concocte la bande-son d’un film - tous les sons, pas juste la musique.
[3] aucun rapport avec la taxe soit dit en passant.
[4] sans parler de ceux qui vous fichent des nappes de violons-guimauve à tort et à travers mais je ne citerai pas de nom, j’ai peur des représailles.