Iyhel || la paille, la poutre, etc.


Impuretés

lundi 1er mars 2010

J’ai relu ce week-end Impuretés de Philippe Djian.

Djian, tout le monde en connaît au moins 37,2 le matin dont Beneix a tiré un beau film - même si évidemment tout le monde est loin d’avoir lu le roman. Déjà 37,2 c’est pas ultra joyeux, on peut pas dire que celui-ci s’annonce riant.

Le récit se déroule quelque part en Suisse au sein d’un microcosme bourgeois aux mÅ“urs pour le moins... dépravées, disons, enfin à tout le moins délétères. Djian nous dévoile un florilège d’orgies et de décadences qui finirait par lasser si un fil narratif ténu ne nous tenait pas en éveil en excitant notre curiosité. Pas la curiosité malsaine de savoir jusqu’où les névroses des uns et des autres vont les emmener, pas de voyeurisme : dès les premières pages, le ton donné est tellement cru, outrancier que très vite on s’y laisse baigner, porté par le courant et les horreurs qu’il charrie. Elles glissent sur le lecteur sans finalement y laisser de cicatrice - la relecture en est d’autant plus agréable.

Un narrateur-mystère nous entraîne dans une histoire étrange, qui ne livrera aucun secret, n’aboutira à aucune morale - à chacun de se forger ses convictions si bon lui semble. La curiosité ne sera pas satisfaite.

Et pourtant ce roman est plus qu’un catalogue du vice. Ce torrent d’immondices finit par clarifier l’esprit qui le parcours, il est cathartique. Les névroses des personnages lavent les nôtres, quoiqu’elles soient incomparables - enfin je l’espère pour vous !
Du néant, la lumière ; des Impuretés, la fraîcheur. Divin tour de passe-passe.

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"... si les corbeaux, les vautours, un de ces matins disparaissent, le soleil brillera toujours !"
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