Iyhel || la paille, la poutre, etc.


Ballake Sissoko & Vincent Segall

samedi 1er mai 2010

Hier soir, nous sommes allés voir Rien qui qui jouait en première partie de NLF3 et 65daysofstatic ; à l’Élysée-Montmartre. Rien c’était trop court (27’ chrono !) et la suite était tellement décevante que j’en suis pas encore remis donc je vais attendre un peu d’avoir digéré pour vous en parler.
Donc là en fait on va juste causer du concert auquel nous sommes allés il y a deux (ou trois ?) semaines au Plan, à Ris-Orangis, et qui était ’achement plus mieux.

Le Plan, pour ceux qui ne connaîtraient pas, c’est un peu une référence dans la catégorie "petite salle de banlieue avec une prog d’enfer et plein de futurs groupes célèbres". J’y avais mes habitudes il y a une dizaine d’années, j’y ai même joué à l’occasion d’un tremplin, j’y retrouvais un peu l’ambiance de feu le Bilbo, à Élancourt, salle mythique qui avait vu passer Noir Déz, No One, la Mano et j’en passe mais a hélas fermé depuis longtemps ses portes. Bref.

Or donc y jouait Hindi Zahra, précédée de M. Vincent Segall qui a réussi à forcer l’illustre Ballake Sissoko à quitter Bamako.
Commençons par la fin avec Madame Zahra dont vous avez forcément dû entendre le dernier tube, Beautiful tango, joli mais gentillet. Franchement, après les trois premières chansons, sucrées mais sans saveur, j’ai pensé être parti pour 90 minutes à m’emmerder sévère. Et puis finalement, une fois passées les politesses pop, on a pu attaquer les choses sympas et un peu moins mainstream, voire carrément heavy metal. Il faut reconnaître une chose à Hindi Zahra et ses musiciens, c’est qu’ils sont à l’aise dans tous les styles musicaux, de la bluette de base aux trips rock psychédélique des 70’s en passant par le latino sauce Santana, le tout mâtiné d’accents "orientaux" histoire de rappeler un minimum le Maroc. Elle chante très bien mais sa voix manque peut-être d’un petit quelque chose pour être vraiment remarquable, ce qui fait que lorsqu’elle chante un truc banal, ben on s’ennuie un peu, mais dès que le rythme est là ça devient beaucoup plus sympathique ! J’en ai perdu ma lentille à force de secouer la tête compulsivement, c’est dire...
Maintenant qu’elle a acquis une certaine notoriété qui lui garantit l’écoute du grand public, ça serait sympa qu’elle oublie la pop pour se donner à fond sur ce qui bouge.

En première partie, ambiance radicalement différente, Messieurs Sissoko et Segall nous proposaient un voyage au Mali au son de leur kora et violoncelle. Vincent Segall, pour ceux qui ne connaîtraient pas, c’est le bassiste-violoncelliste de -M- ainsi que le cello de Bumcello - Bum étant Cyril Atef, également batteur de -M-, qui vaut la peine également d’être vu en concert mais c’est une autre affaire ; Ballake Sissoko, ben c’est un joueur de kora mandingue, un instrument exotique et tortueux assez génial (je l’inscris sur ma wishlist après la contrebasse et la vielle à roue), originaire du Mali donc, pays dont la musique est à la mode, entre Amadou&Maryam et les délires de Damon Albarn, pour le plus grand plaisir de nos oreilles.
Ambiance différente donc, on est en pleine musique traditionnelle dans le plus noble sens du terme, assez planante, quoique parfois bien rythmée ; Vincent Segall nous a demandé au début de nous asseoir pour mieux profiter du concert (des gens assis sont moins dissipés, ça se vérifie) hélas vu l’affluence ça n’a pas pu durer. Ça ne les a pas empêché de réussir à créer une ambiance assez magique.
N’étant pas très doué pour sortir des clichés lorsqu’il s’agit de décrire une musique, je ne peux que vous enjoindre à écouter leurs disques (ces gens-là doivent bien avoir un myspace bien garni) ou ceux de confrères maliens, la musique malienne a une réelle identité bien reconnaissable, et surtout à aller les voir s’ils passent près de chez vous. Ballake Sissoko est à la limite du mutisme mais ses doigts parlent mieux que sa langue ne pourrait le faire. Les arrangements au violoncelle de Vincent Segall mettent à merveille cette richesse en relief.

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"... si les corbeaux, les vautours, un de ces matins disparaissent, le soleil brillera toujours !"
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