jeudi 22 juillet 2010
Je lis actuellement A people’s history of the United States, d’Howard Zinn, historien et homme de gauche américain décédé en février dernier. Tout est dans le titre : l’histoire des USA de 1492 à nos jours mais vue par la plèbe, les minorités, les exploités, les laissés-pour-compte du flamboyant système américain.
C’est passionnant : le contraste entre ce qu’on apprend au lycée et la face oubliée de l’histoire américaine est saisissant. Non pas qu’on enjolive moins notre histoire à nous braves petits Francais, mais on a plus d’occasions de nuancer les mythes nationaux.
Deux points ressortent particulièrement : le premier, c’est que la politique extérieure américaine a toujours été expansionniste. Contrairement à ce qu’on nous présente souvent, des USA non-interventionnistes avant 1941, ce n’est depuis 1492 qu’une succession d’annexions, d’expropriations, de guerres cyniques. Pas de quoi être surpris des guerres actuelles en somme.
Le second, c’est que là encore contrairement au mythe d’une société sans classe, les conflits sociaux aux USA ont rythmé leur histoire, de toute époque, et de façon au moins aussi large et violente qu’en Europe. Ça n’est pas parce qu’aucune révolution n’y a abouti (aucune n’a été pervertie non plus, à part la première évidemment) que la vie du capitalisme triomphant y a été un long fleuve tranquille.
Pas forcément de quoi être optimiste quand on voit l’état du syndicalisme et du mouvement social en général là -bas actuellement mais en même temps la preuve que jamais les opprimés n’ont baissé les bras.
Tant qu’il y a de la vie...